mercredi 28 décembre 2011

Blue Bob - David Lynch



Avec Crazy Clown Time, "on" a l'air de s'extasier sur le David Lynch multitâche. "Oh il fait de la musique en plus?" Les gars, il y est depuis 1982 et la B.O d'Eraserhead. Il remet le couvert avec Twin Peaks en collaborant avec Angelo Badalamenti, participe à différent projets electros et au début des années 2000 s'associe à Sparklehorse et Danger Mouse pour deux morceaux du génial Dark Night Of The Soul.
En 2003, il sort Blue Bob un album en collaboration avec l'ingénieur du son John Neff. Sur Blue Bob, l'hyper actif avéré qu'est David Lynch, mixe produit, joue, écrit, chante et s'occupe de l'art work.


S'il y a une chose certaine avec Blue Bob, c'est qu'on y retrouve la marque de David Lynch. Avec ce premier album, l'artiste nous donne à entendre la transposition sonore de Blue Velvet, Twin Peaks, Mulholand Drive… Du blues saturé, vicié, anxiogène et sexuelle, des touches parcimonieuses d'electro, des bruitages qui lui donnent un coté lo-fi et cinématographique. Un son aride et chaud qui évoque des night club enfumés, plus à la Pink Room qu'à la Silencio. Le tempo lascif ne s'emballe jamais et fait forcément onduler du bassin. Blue Bob sent l'âpres rasage bon marché, et la laque parfumé à la vieille clope. Une certaine idée de l'Amérique. Résumons: Blue bob est un album lynchien.
Là où le bas finit par blesser, c'est que la même recette est déroulée sur tout l'album. Blue Bob peut presque susciter l'ennui en systématisant la recette du blues lubrique. Même si certains morceaux de haut-vol comme Bad Night, ou l'instrumental Blue Horses ou l'indus I Cannot Do That tiennent l'auditeur en haleine.
Blue Bob est un prémisse à Crazy Clown Time, qui en multipliant les esthétiques évitera les ratés de ce premier album, tout en conservant les marques et l'esprit de David Lynch.

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